Derniers 10 ans

Mashten kutunuepipuna

Au cours des dernières années, Schefferville connaît un nouveau souffle redonnant espoir à ses habitants.

L'étonnant exercice militaire

Du 19 février au 9 mars 2013, près de 350 soldats de différentes régions du Québec ont participé à un exercice de manœuvres à Schefferville, surnommé Guerrier Nordique. Cet entrainement visait à préparer les forces canadiennes à tout type d’interventions dans le Grand Nord canadien.

En compagnie de leurs collègues du 2 Groupe de patrouilles de Rangers canadiens, les participants ont mis en pratique leurs compétences de base en guerre hivernale : atterrissage d’un Hercule- C130 sur une piste de glace, simulation de catastrophes ferroviaire et aérienne et entrainement dans le grand froid étaient à l’horaire du programme intensif suivi par les militaires présents.

Le lieutenant-colonel et directeur de l’exercice, Jean-Pascal Levasseur, précisait ainsi le fonctionnement de la mission :

« C’est un exercice de collaboration inter-armée. Le NCSM Jolliet nous sert de plaque tournante, nous collaborons étroitement avec les Rangers canadiens, experts en manœuvre nordique, qui nous guident sur le terrain. L’entrainement se veut réaliste, nous avons simulé l’écrasement d’un avion militaire avec un problème majeur au niveau de l’acheminement par voie de chemin de fer. L’exercice pour l’état-major c’est la communication. Chacun présente sa façon de gérer la crise, afin d’obtenir la meilleure solution. »

Plusieurs camps ont été montés près des lieux stratégiques de la ville, comme la gare, l’aéroport ou encore aux alentours de la piste de glace. L’exercice, qui a mobilisé plus de 700 personnes, représente une occasion unique pour les forces armées de rencontrer la population locale.

L’un des défis majeurs de l’exercice a été la construction d’une piste de glace sur le lac Squaw, situé à une dizaine de kilomètres de Schefferville. Les températures plus douces ressenties à ce moment ont compliqué la tâche des militaires :  « Il nous fallait une piste d’atterrissage de 5000 pieds de long, 160 pieds de large et 56 pouces d’épaisseur. Cela a demandé un gros travail de la part de notre équipe », expliquait le lieutenant-colonel, Louis Lapointe.

Le 28 février, en milieu d’après-midi, l’Hercule C-130 a malgré tout procédé à un atterrissage suivi d’un décollage parfait!

Le parc des Ailes

Le Parc des Ailes, tel qu’on le connait aujourd’hui, se situe à l’angle créé par les rues French et Laurentide. Pour les anciens de Schefferville, ce site était surnommé pelouse d’la malle, tout simplement car cet espace gazonné s’étend devant le bureau de poste. Le courrier, d’importance pour cette région éloignée, était prétexte à une vérification au quotidien, provoquant un achalandage favorisant les rencontres devant ce bel emplacement de verdure.

D’ailleurs, cette grande pelouse a aussi une histoire singulière : son aménagement a nécessité de nombreux tests, ainsi que l’utilisation de plus de 70 différentes composantes de sol aux résultats plus ou moins concluants… avant d’en arriver à cette verte pelouse!

Cet endroit accueillant s’est transformé en un lieu de rassemblement pour les jeunes et les moins jeunes, résidents ou de passage, toutes communautés confondues. En été, en raison de son emplacement près du lac Knob, des amis s’y rejoignaient régulièrement le temps d’une pause pique-nique.

L’hiver, ce lieu servait souvent de stationnement pour les motoneiges. Son secteur en pente était prisé par les adeptes de glissade. Ajoutons que ce site fut également le point de départ de la compétition de ski de fond lors des Jeux de l’Arctique de 1976.

En marge de ce parc se trouve « L’Homme de fer », un monument apparu dans le décor lors du Centenaire du fer de 1970. Cette œuvre étonnante constitue sans contredit la pièce maîtresse du Parc des Ailes. Son corps est fabriqué de morceaux d’anciens outils de fer et sa tête est faite à partir d’une tête de foreuse!

Le travail de création de ce monument fut réalisé devant le Centre récréatif, plus précisément dans le croche du Centre reliant les rues Pearce Lake et Knob Lake. De nos jours, ce lieu correspond approximativement à l’endroit où est située la chapelle de la communauté de Matimekush-Lac-John.

Cet emplacement ne permettant pas de bien le mettre en valeur, il fut déménagé sur la grande pelouse d’la malle et veille depuis sur les habitants du 55 parallèle.

Plus récemment, ce populaire espace a été rebaptisé « Parc des Ailes ». Bien que ce toponyme demeure un peu énigmatique, ce nom poétique a fort bien pu être inspiré par les grandes feuilles de l’Arbre de fer qui s’y trouve.

Depuis le mois d’août 2024, le parc dispose d’une aire de jeux pour les jeunes enfants où ils peuvent s’amuser sur différents modules, tous aussi colorés et attrayants les uns que les autres! La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à l’aide financière de la Société du Plan Nord et de la MRC de Caniapiscau.

Le projet de salle multifonctionnelle

La région de Schefferville compte actuellement quelques 2 000 résidents répartis dans trois communautés : Schefferville (200 h.), la communauté innue de Matimekush-Lac-John (900 h.) et la communauté naskapie de Kawawachikamach (900 h.).

Les résidents de Schefferville oeuvrent principalement dans les services aux Premières Nations (enseignement, santé, sécurité publique, construction, transport, restauration et hébergement, etc.).

Dans cette optique, les autorités de la ville désirent offrir un cadre de vie plus attractif à ses citoyens, actuels et futurs, par l’ajout d’un bâtiment multiservices adapté à la population et pouvant accueillir des activités récréatives et culturelles. 

L'écocentre et les nouvelles pratiques environnementales

En mai 2017, une déclaration commune d’engagement est signée entre Schefferville, Matimekush-Lac John et Kawawachikamach afin d’assurer un meilleur avenir à ces collectivités. Plus concrètement, ces communautés se sont alliées afin de se doter d’une vision partagée à long terme en matière de gestion des matières résiduelles en milieu nordique.

Le 17 octobre 2017, on procédait à l’inauguration de l’écocentre Tricomm, suite à l’engagement de ces trois communautés. Depuis huit ans, cette initiative a permis le recyclage de milliers de pneus usés, de plusieurs centaines de produits électroniques, de la peinture en quantité ainsi que de nombreux autres produits dangereux.

Un autre effort concerté a permis, en 2022, le nettoyage de six sites, dont un important dépotoir de carcasses de véhicules incendiés près de Key Lake.

En 2023, les efforts se sont concentrés sur un secteur pollué depuis plusieurs décennies près du lac John : carcasses de voitures et déchets métalliques y avaient été jetés dans la rivière au fil des ans. L’intervention, d’une durée de 14 jours, a permis de débarrasser ce site de l’équivalent de 22 conteneurs de ferraille et de voitures usagées.

Ajoutons que depuis le printemps 2018, les trois partenaires ont également développé un projet de compostage communautaire. Ils ont vu dans cette pratique une opportunité de réduire la production de déchets en région éloignée. Deux stations de compostage étaient en fonction à l’automne 2019 : une à l’Écocentre Tricomm pour les résidents de Schefferville et Matimekush-Lac John, et l’autre près du garage des travaux publics de Kawawachikamach.

Du 13 au 16 octobre 2023, une soixantaine de personnes se sont réunies dans le cadre de la première Semaine de l’environnement organisée par l’Institut de développement durable des Premières Nations au Québec et au Labrador (IDDPNQL) en collaboration avec la Nation Innue de Matimekush-Lac John.

Cette initiative a permis d’informer et de sensibiliser la population, mais aussi de créer un espace d’échange et de partage sécuritaire sur les enjeux de l’eau et de l’environnement, incluant ceux reliés aux mines. Plusieurs aîné.es, des membres de la communauté ainsi que des représentant.es de ministères et d’organisations ont participé à cet événement qui fut un réel succès.

Explorez les thèmes captivants de notre exposition virtuelle sur Schefferville