L’industrialisation transforme le territoire en axe stratégique et scientifique du Nord.


La SHOP, atelier-garage d’une superficie de plancher de 75 000 p2 (6 967,5 m²), possédait 11 portes, et ce, sur un de ses côtés seulement.
Le quartier industriel avec l’OFFICE du personnel, le LABO, la SHOP, la CAFÉTÉRIA, les BUNK HOUSES (dortoirs), le LADY STAFF HOUSE, et autres bâtiments, constituait un ensemble de maillons dans la grande chaîne de production.






Le secteur minier employait, dès juillet 1957, 1 896 travailleurs. Les possibilités de carrières étaient nombreuses dans tous les domaines, dont plusieurs s’ouvraient aux femmes. L’IOC incluait la famille sur ce chantier qui devint une ville, et en agissant ainsi s’assurait une stabilité dans son personnel.
Partant des mines de Schefferville, de longs convois ferroviaires tiraient jusqu’à 260 wagons à une vitesse moyenne de 23 m/h (37 km/h), et les acheminaient aux quais de Sept-Îles pour transbordement dans des navires minéraliers en partance vers les hauts-fourneaux de par le monde, tel que le premier en 1954, avec 20 000 tonnes de minerai dans l’Hawaiien, et un chargement record en 1979, avec 235 840 tonnes dans le World Gala.






Maintes données furent répertoriées dès les débuts sur ce territoire, où la solidité de la glace devait être vérifiée afin de garantir l’atterrissage sécuritaire du DC-3 sur le lac Knob à quelques jours de l’été, tel que le 9 juin 1948. Puis le 18 février 1957 à midi, le thermomètre affichait 27 °F (-3°C) au lieu du -30 °F (-34,4 °C) habituel ! La même année, l’Université Mc Gill fondait le Subarctic Research Laboratory, un poste avancé d’observation météorologique accueillant des étudiants, compilant diverses statistiques sur l’épaisseur de la neige, entre autres. Le phénomène des aurores boréales fit l’objet de recherches intensives.
Ce territoire à la géologie complexe cachait ses secrets. Découverts à partir de 1957, des fossiles de la période Crétacé surgissent lors d’opérations de déblaiement à la mine Redmond : l’empreinte de larges feuilles; puis d’une mouche en 1960; estimées à environ 100 millions d’années. La mine Ruth Lake dissimulait des arbres dans son sous-sol, du Cyprès ou Cupressinoxylon Goeppert. Les spécimens, recueillis par le paléobotaniste Erling Dorf, sont conservés au Musée Peabody à New Haven aux États-Unis.
Un herbier de fleurs et de plantes sauvages fut créé avec 137 spécimens, dont 2 s’avéraient être carnivores, dévorant de petites mouches noires abondantes en région. En 1962, l’Upper Mantle Project débutait avec l’installation d’appareils enregistrant les secousses de la croûte terrestre (station de sismographes). L’étude du permafrost généra une étroite collaboration entre la station Mc Gill et le laboratoire de l’IOC. Utilisant des fils spéciaux dans les trous de forage, les chercheurs en déterminaient la température à différentes profondeurs. Ce qui révéla un pergélisol s’étirant jusqu’à 200 pi (61 m) à certains endroits. La science testait également un prototype de canon à neige artificielle.