Ville et village

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L’aménagement du Lac-John, de Schefferville et des infrastructures sociales illustre la naissance des premiers villages nordiques structurés.

L’exploitation minière occasionna des changements majeurs pour les Premières Nations. Les Innus durent abandonner leur campement établi en divers endroits sur le territoire, et s’installèrent au lac John. Les Naskapis firent de même à leur arrivée. Ce nouveau village compta environ 500 personnes dans les années 1950. Les maisons remplacèrent les tentes. Puis s’ajoutaient au fil du temps des infrastructures : l’eau courante, un dispensaire, une petite école avec classes de maternelle, une chapelle et 2 épiceries : Chez Papune et Chez Paul Arthur.

L’église du Lac-John ouvrit ses portes en novembre 1961, recevant le Révérend Père Joseph Cyr qui s’intégra au sein des communautés, et participa activement à la traduction de textes bibliques. Combinant en commun leurs propres ressources, une coopérative artisanale vit le jour. Trois dames du village, Philomène McKenzie présidente, Marie St-Onge secrétaire, et Anne-Marie André vice-présidente, se vouèrent à la bonne marche de ce projet prometteur.

L’instruction s’adressant à tous, des cours du soir prirent place à l’école Knob Lake, établissement anglophone. Ainsi une cinquantaine de membres de la communauté naskapie s’initiait aux sciences, aux mathématiques, et plus encore : tels que des Chescappio, Einish, Nattawappio, Shecanapish, pour ne nommer que quelques familles. Maintes personnes utilisent jusqu’à 3 langues : les Innus parlent naskapi et français, tandis que les Naskapis parlent innu et anglais.

La minière assuma les frais de construction de cette ville champignon, l’IOCC bâtissait son plus gros chantier qui allait faire sa renommée, et celle de Schefferville, opérant à l’année. Avec une température extérieure vacillant entre -30 °F et -40 °F (-34,4 °C à -40 °C), et une température intérieure à 70 °F (21 °C), en sortant, la chute soudaine de température contractait nos poumons à nous coller les narines ensemble!

Ces nouveaux citoyens nordiques adoptèrent un rythme de vie bien à eux, nouant des liens tissés à vie, et ceci avec 22 différentes ethnies. Tel un îlot en forêt, Schefferville était, et est encore, une ville dite fermée. Mais tellement accessible… Dès 1955, le service postal comptabilisait en cours d’année 2 156 sacs reçus. L’apport de marchandise s’amplifia avec l’implantation des entreprises privées, procurant nourriture et fourniture.

Les églises

Outre l’église du Lac-John, il y avait St-Paul United Church, et la chapelle St-Peter. Celle du Cœur Immaculé de Marie fut celle qui reçut le titre de Cathédrale lors de la venue d’un Évêque.

 

Coeur immaculé de Marie

Le 20 mai 1955, la minière Iron Ore débutait la construction de ce temple religieux, et en assumait entièrement les frais. Elle l’offrit ensuite aux instances Catholiques. L’église reçut le titre de Cathédrale lors de la venue d’un Évêque. Placardé en 1984 lors de la crise du minerai, ce bâtiment fut laissé l’abandon puis démoli en 1990.

Chapelle Saint-Peters

La décennie des années 1960 voyait une 2 église se construire. Destinée à la communauté religieuse Anglicane, elle subit le même sort que ses semblables et n’échappait pas à la grande démolition.

Notre-Dame-des-Indiens

En novembre 1961 avait lieu la bénédiction de ce nouveau temple de prières situé dans le village du Lac John. Construit par les Premières nations avec l’aide des Frères Oblats, l’église fut la proie des flammes en 1985.

Saint-Paul United Church

En décembre 1962 se terminait la construction de cette église, permettant ainsi aux fidèles de la religion Protestante de se réunir dans leurs prières. Laissé à l’abandon lors de la crise du minerai débutant en 1982, ce bâtiment fut détruit lors de la grande démolition.

La grande démolition 1989, 1990 & 1991

Les établissements scolaires

Knob Lake

Construit par la minière IOC, cet établissement entrait en fonction en 1955. À vocation communautaire, l’école Knob Lake prenait désormais la relève d’un local éducatif établi sur le chantier de Burnt Creek. Devenant par la suite une institution anglophone protestante, il s’y ajoutait les élèves de la nation Naskapie. Laissé à l’abandon lors de la crise du minerai débutant en 1982, ce bâtiment fut détruit lors de la grande démolition qui eut lieu entre 1989 et 1991.

Jules R. Timmins

En 1956, la minière débutait la construction d’un 2 établissement scolaire. Desservant la communauté anglophone Catholique, il y avait là, connexe au bâtiment, une résidence pour les sœurs Oblats, enseignantes. Également laissée à l’abandon par manque d’élèves, l’école fut détruite lors de la grande démolition.

Notre-Dame devenue Kanatamat Tshitipenitamunu

En 1959, la minière débutait la construction d’un 3établissement. Desservant la communauté francophone Catholique, il s’y ajoutait les élèves de la communauté Innue. En 1972, une rallonge fut ajoutée, connectant ainsi avec l’école JR Timmins.

Cette institution fut la seule à survivre à la grande démolition, et est maintenant propriété à part entière des Innus de Matimekush-Lac-John. Kanatamat Tshitipenitamunu signifie : « À la recherche de nos droits ».

Le centre de santé

Septembre 1960 :

Le Centre de santé, entièrement bâti et payé par la minière Iron Ore, ouvrait ses portes. Muni d’une salle d’opération, d’accouchement, d’une pouponnière et autres services, celui-ci remplaçait le bâtiment situé à même le chantier.

1967 :

La minière offrait cet établissement d’importance, liant 3 communautés (blanche, innue et naskapie), au ministère de la Santé.

1978 :

L’hôpital fut rénové pour 3,5 millions de dollars.

1986 :

Le ministère de la Santé annonce la fermeture de ce petit hôpital, jetant un vent de panique sur la population, toutes communautés confondues. Malgré les revendications des 3 communautés, le bâtiment fut condamné. L’objectif de cette fermeture visait la déportation des nations; visait la fermeture pure et simple du territoire, à l’exemple de ce qui s’était produit pour la ville de Gagnon, rasée de la carte.

1990 :

Le Centre de santé n’échappait pas à la grande démolition et le bâtiment céda sous les coups de la grue munie d’une masse. Les communautés Innue et Naskapie ont pris la relève avec leur propre dispensaire. Depuis 1986, les femmes ne peuvent plus accoucher sur le territoire du 55ᵉ parallèle, devant s’expatrier!

De Burnt Creek à Knob Lake, la première ville du Nouveau-Québec apparaissait, sise à 54°48′ de latitude Nord et 66°50′ de longitude Ouest, baptisée Schefferville en l’honneur de Monseigneur Lionel Scheffer, un homme d’église. La Charte de la ville entrait en vigueur le 14 juillet 1955, et les Armoiries furent créées avec le listel A Ferro Vinces, signifiant Le fer fait ta force. Les services municipaux s’organisèrent rapidement avec une population de 4 500 personnes dès la décennie 1960, une ruée vers le Nord!

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